C’est en arrivant devant la salle du BT 59 à Bordeaux-Bègles que j’aperçois le guitariste et chanteur des Pains Of Being Pure At Heart Kip ainsi que la joueuse de clavier, attablés au café jouxtant la petite salle bordelaise. Ils se font interviewer par une radio locale. Je patiente donc un peu afin de pouvoir échanger quelques mots avec les deux musiciens. Je les félicite pour la qualité de leurs chansons et la richesse de leur son. L’échange est court mais sympa, et j’ai pu sentir qu’ils étaient autant timides que moi si ce n’est plus.

Vient finalement l’heure du concert devant un maigre public, débute alors une première partie locale dont je ne peux vous citer le nom mais livrant une pop assez mélodique mais portée par une voix pas assez à la hauteur des compos pourtant intéressantes. Vient ensuite une autre première partie, assurée par un groupe poitevin, manquant de mélodies à mon goût et un peu trop bruitiste.

Après l’installation des instruments des Pains Of Being Pure At Heart par leurs roadies, je me cale devant la scène afin de ne pas louper une miette du concert.

Le combo américain démarre son set par le single « Belong » extrait de l’album du même nom, deuxième album déjà au compteur du groupe, disque très réussi, produit par Flood. Première constatation, le son est excellent, riche et puissant, chaque instrument est audible, les guitares, gorgées de réverb’ et de distortion, la basse ronde et la batterie dynamique. Seul regret, on ne distingue que trop peu le clavier. Peu importe, on se laisse emporter par ces chansons efficaces en diable et imprégnées de mélodies pop imparables, cachées derrière ce mur du son si caractéristique qu’on pourra le qualifier de « noisy pop » ou de « shoegazing ».

Deuxième constation, le groupe est une bande de nerds très attachants! On sent qu’ils ne sont pas à l’aise sur scène, sous les spotlights mais qu’ils font de leur mieux possible pour surmonter leur timidité. C’est plutôt touchant et maladroit et l’on ne peut que ressentir de la sympathie pour eux.

Après Belong, le groupe délivre un brelan gagnant et tubesque composé, du fantastique single « Say no to love » sorti en 2010, de la bombe noisy « 103 » extraite du maxi « Higher than the stars » et du single « Heart in your heartbreak » comportant cette formidable ligne: « She was a heart in your heartbreak, she was a mis in your mistake ». Le tout est délivré avec une énergie et une candeur juvénile des plus rafraîchissantes.

Le set se poursuit alternant les pépites de leur premier album album éponyme et de Belong pour mon plus grand bonheur. Le set s’achève (trop court!!) après seulement 12 chansons, mais Kip revient seul sur scène en rappel nous interpréter un « Contender » de toute beauté dans un style épuré, preuve qu’il en est que derrière tout le son des Pains Of Being Pure At Heart se cache un songwriter et un mélodiste pop hors pair. Puis Kip est rejoint sur scène par les autres musiciens, et terminent leur concert par l’impeccable « This love is fucking right ».

Les Pains of Being Pure At Heart démontrent ainsi qu’ils sont l’un des groupes indés américains les plus intéressants de ces dernières années, et que leur musique avec ses relents de shoegazing et de noisy pop, est l’une des plus efficaces et agréables à l’heure actuelle.

Le seul reproche qui pourrait leur être fait est un manque d’originalité dans l’écriture, mais face à tant de naiveté et de fraîcheur, il est bien difficile de leur en vouloir!

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